Les difficultés de la traduction (avec référence au concept de la femme dans « Le deuxième sexe » par Simone de Beauvoir)- Roheena Buckland, Rugby High School, Year 13.

C’est généralement reconnu que la langue est une façon de communiquer les idées et les pensées des hommes. Un mot choisi signifie des sens comme compris parmi un groupe d’individus, et c’est justement cela qui donne au mot son sens : la compréhension de ce dont il s’agit existe seulement dans la présence d’un groupe des personnes qui attribuent, tous, le même sens à un mot particulier. 

Donc, il est facile de comprendre comment, dans une société, les gens peuvent communiquer. Cependant, plus la différence entre les expériences des gens est grande, il y a plus d’opportunité pour le sens d’un mot de diverger. Par exemple, le concept d’un jeu : pour quelqu’un qui joue à des jeux de plateau, sa compréhension du mot « jeu » se référera plus à ses expériences, pendant que quelqu’un qui joue aux sports peut penser que la définition se réfère plus aux sports. Même si tous les deux comprennent qu’un « jeu » peut être défini dans les deux sens, il ne s’ensuit pas que le sportif va comprendre le sens de « jeu de plateau » avec la même profondeur. Mais même avec ce problème, ce n’est pas trop important pendant la vie habituelle; il suffit que les deux comprennent que la définition se réfère aux deux sens. Pourtant, il faut qu’on note ce problème.

Expliquées au-dessus sont simplement les difficultés quand on utilise la même langue. Maintenant on doit considérer qu’entre deux langues, il y a souvent une grande différence de culture et de compréhension aussi. Mais cela n’est pas la difficulté la plus grave. On doit penser que pour « traduire » quelque chose, on doit marier toutes les complexités des sens d’un mot avec un autre, tout aussi plein de complexités, qui n’existent pas forcément dans l’autre langue. Malgré toutes les difficultés, pour la plupart ce n’est pas encore trop grave en ce qui concerne la langue de la vie quotidienne.

Malheureusement, on n’utilise pas seulement la langue habituelle, et voilà l’essentiel du problème : comment traduire les concepts et les multitudes de sens d’un mot d’une langue, à une autre. Un exemple, c’est le problème du concept de la « femme » dans « le deuxième sexe », écrit par Simone de Beauvoir. Au cours du « Deuxième sexe », le mot a au moins deux sens (dans la compréhension anglaise)[1]. La traduction littérale serait « woman » ou « the woman » ou même « women » quelquefois. « Woman », sans article ; transmet l’idée de « femme » comme institution, ou un concept défini par la société, la culture et l’histoire. « The woman » ou « a woman » en revanche, signifie plutôt l’idée d’un individu. Pour les phrases célébrées comme « on ne naît pas femme, on le devient » une traduction de « one is not born, but rather becomes a woman », comme utilisé par H. M. Parshley, apporte un sens différent d’une autre traduction, « one is not born, but rather becomes, woman » par C. Borde et S. Malovany-Chevallier où on peut voir le sens de l’institution. 

Evidemment, la traduction est un art complexe. Il est important de considérer profondément l’impact du choix des mots et de la ponctuation, et leur sens divergents, surtout quand on lit un texte important. Comme Edward Sapir a dit en 1929, “the real world is, to a large extent, unconsciously built up on the language habits of the group […] the worlds in which different societies live are distinct, not merely the same with a different label attached”. Si les mondes des sociétés sont différents (peut-être à cause de la langue) comme il suggère, l’idée de simplement « communiquer les idées » devient un peu plus difficile.


[1]Le deuxième sexe, J. Cape, The Random House Group Ltd., 2009

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